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    La vie de la juridiction

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    Point de vue
    de Jean-Marc Sauvé

    "Le Conseil d'État et les
    juridictions administratives
    au coeur de la vie publique"

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Point de vue

de Jean-Marc Sauvé, vice-président du Conseil d'État

« Le Conseil d'État et les juridictions administratives au cœur de la vie publique »

Face aux attentes de plus en plus fortes que citoyens et acteurs publics placent en eux, le Conseil d'État et la justice administrative s'adaptent à l'évolution du droit et de la société.

Les Français expriment une certaine méfiance à l'égard des institutions publiques. Que fait le Conseil d'Etat pour combattre cela ?
J.-M. S. : Nous veillons scrupuleusement à la qualité de la justice administrative, qui repose d'abord sur le contrôle approfondi et efficace de la puissance publique. Cette qualité se mesure aussi à la rapidité avec laquelle sont rendues nos décisions et aux relations que nous entretenons avec les justiciables. Nos délais de jugement s'améliorent de manière significative depuis plusieurs années et nos procédures d'urgence sont de plus en plus sollicitées et effectives. Par ailleurs, nous avons profondément réformé le déroulement de l'audience, en communiquant en amont aux parties le sens des conclusions du rapporteur public. Enfin, en 2011, nous engagerons un travail sur la rédaction de nos décisions pour qu'en restant claires en droit elles soient plus accessibles et plus explicites pour les justiciables et les observateurs extérieurs.

Vous vous êtes engagés à ouvrir le Conseil d'Etat sur la société. Comment cette volonté s'est-elle traduite dans les faits ?
J.-M. S. : Nous avons l'obligation de rendre compte de ce que nous faisons ; l'autorité de la chose jugée doit être respectée, mais ce principe ne doit pas nous dispenser d'expliquer ce que nous faisons. Aussi débattons-nous de nos activités avec des professionnels du droit, des parlementaires, des acteurs économiques et sociaux au cours de colloques, de conférences ou de rencontres informelles avec les universités. Notre nouveau site Internet nous a permis d'avoir une présence beaucoup plus forte, tant vis-à-vis des citoyens, qui trouvent des réponses claires à leurs questionnements, que vis-à-vis des professionnels, qui ont accès à des bases de données très riches. Enfin, il faut souligner notre participation aux réseaux de juges européens et internationaux.

Le succès rencontré par la Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) révèle un vrai besoin des citoyens. Quel est le rôle du Conseil d'État dans ce processus ?
J.-M. S. : La QPC montre qu'il existait nombre de législations fragiles sur le plan constitutionnel, sans être pour autant contestables au regard de la convention européenne des droits de l'Homme. La QPC a donc toute son utilité, et la justice administrative est un acteur central du processus, car elle exerce une responsabilité particulière dans la protection des libertés et des droits fondamentaux. En 2010, la juridiction administrative, tous niveaux confondus, a reçu 890 questions. Le Conseil d'État en a reçu 289, soit directement, soit par renvoi des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel. Il a rendu 230 décisions et procédé à 60 renvois au Conseil constitutionnel : 10 dispositions législatives ont été jugées non conformes à la Constitution et annulées. La QPC a permis de traiter des questions majeures, sur le plan tant juridique que sociétal : la garde à vue, les droits à pension des anciens combattants des ex-colonies françaises, la privation de liberté des personnes détenues contre leur gré en hôpital psychiatrique (voir p. 24-25).



Le Gouvernement n'a pas suivi votre avis sur la loi sur le voile intégral. Est-ce fréquent ?
J.-M. S. : Les avis du Conseil d'État ne sont en général pas rendus publics. Mais, dans la grande majorité des cas, le Gouvernement suit nos avis. Dans ce cas précis, il ne l'a pas fait. L'autorité politique a pris sa décision, comme elle en avait la possibilité, en sachant que l'interdiction générale de la dissimulation du visage dans l'espace public procédait d'un nouveau type de conciliation entre les libertés garanties par la Constitution et la sauvegarde de l'ordre public (voir p. 13). On sait que le Conseil constitutionnel a validé cette analyse par sa décision du 7 octobre 2010.

Vous pouvez, depuis l'année dernière, être consultés par le Parlement. Cela a-t-il été le cas en 2010 ?
J.-M. S. : C'est effectivement une avancée majeure de la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 que la possibilité, pour les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, de saisir le Conseil d'État. Les parlementaires peuvent donc s'adresser à nous pour bénéficier de notre expertise. En 2010, nous avons ainsi été saisis de deux propositions de loi, l'une sur l'indemnisation des victimes d'accidents corporels, l'autre sur la réglementation des armes à feu. La qualité de ces textes sur le plan juridique a, selon leurs auteurs, gagné à notre consultation (voir p. 12).

Depuis 2009, le Conseil d'État est chargé de la gestion de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Quel bilan dressez-vous de votre action ?
J.-M. S. : Cette réforme met tout d'abord fin à une situation ambiguë puisque, auparavant, la gestion de la CNDA relevait de l'organe qu'elle contrôle : l'Office de protection des réfugiés et des apatrides. Ce changement s'est par ailleurs accompagné de la mobilisation de ressources supplémentaires pour lui permettre de faire face à la croissance spectaculaire des demandes d'asile. Par exemple, nous avons doté la Cour de magistrats permanents : alors qu'elle est la première juridiction administrative de France par le nombre des dossiers traités, elle n'avait que des magistrats à temps partiel ou vacataires. En 2010, ces efforts nous ont permis de juger près de 20 % d'affaires de plus qu'en 2009 (voir p. 33).

Dans ce contexte de globalisation, la justice administrative française garde-t-elle sa pertinence ?
J.-M. S. : La globalisation du monde et du droit ne remet pas en cause la distinction fondamentale entre les intérêts publics et privés, ni la nécessité de règles spécifiques applicables aux intérêts publics. On a longtemps pensé que le droit global serait le droit des seules affaires privées. En réalité, il prend de plus en plus en compte la préservation des intérêts publics. La synthèse historique de la justice administrative, qui consiste à mettre en adéquation un juge spécialisé et le droit de la chose publique, demeure donc pertinente, légitime et efficace dans ce contexte. Avec de nouveaux défis consistant à porter une attention accrue aux droits fondamentaux, en particulier les droits de l'Homme, et aux nouvelles formes d'intérêt général que constitue la préservation des biens publics mondiaux, comme l'air, l'eau, la nature, la sécurité sanitaire…• Lire l'entretien au format pdf


"Nous devons rendre compte de ce que nous faisons : nous ne pouvons ni ne voulons nous retrancher derrière l'autorité de la chose jugée."

Jean-Marc Sauvé,
vice-président du Conseil d'État

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Le droit en construction

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Élections professionnelles recours au vote électronique par internet

Service public pénitentiaire mise en place d'un code de déontologie

Paris et jeux en ligne une ouverture encadrée

« Décristallisation » des pensions la coïncidence de la légalité et de l'équité

Réforme des retraites le rôle du conseil d'état

Bioéthique
réexamen de la loi

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Les grands angles

Conseiller le Parlement

Depuis l'entrée en vigueur en juillet 2009 de la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, les présidents des assemblées parlementaires peuvent soumettre pour avis au Conseil d'Etat une proposition de loi déposée par l'un de leurs membres, avec l'accord de ce dernier. En 2010, pour la deuxième année de la réforme, le Conseil d'Etat a été saisi à deux reprises.

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Voile intégral : la prudence d'une expertise juridique

Le 29 janvier 2010, le Conseil d'Etat a été saisi, à l'initiative du Premier ministre, d'une étude sur le port du voile intégral. Il lui était demandé d'apprécier les solutions juridiques permettant de parvenir à une interdiction de son port la plus large et la plus effective possible.

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L'audience des organisations syndicales dans les très petites entreprises

Comment apprécier l'audience des organisations syndicales dans les très petites entreprises ? À la suite de la loi fixant de nouvelles règles de représentativité pour les organisations syndicales, le Conseil d'Etat a été saisi pour un avis, puis un projet de loi, sur cette question.

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Une étude de référence sur l'eau et son droit

Face aux nombreuses réformes touchant au droit de l'eau, le Conseil d'Etat a publié, en 2010, une étude englobant tous les aspects de cette problématique.

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L'organisation territoriale des administrations de l'Etat

Le Conseil d'État a examiné, en 2010, plusieurs projets de décret touchant à l'organisation territoriale de l'État. Il s'est attaché à assurer leur respect de la hiérarchie des normes et leur cohérence avec la charte de la déconcentration.

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Grand Paris : préserver l'effectivité de l'information et de la participation du public

Saisi du projet de décret approuvant le schéma directeur de la région Île-de-France, le Conseil d'Etat a constaté que plusieurs projets avaient affecté ce plan d'aménagement, rendant nécessaire une nouvelle consultation publique.

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Suite des révisions constitutionnelles

Les révisions constitutionnelles de 2007 et surtout de 2008 ont encore eu des suites en 2010, qu'il s'agisse de la loi organique prise pour l'application de l'article 68 de la Constitution ou de l'application directe des dispositions issues de la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008.

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Application de la loi « HPST » réformant le système de santé

En 2010, le Conseil d'État a examiné de nombreux projets d'application de la loi « HPST » du 21 juillet 2009 portant réforme de l'hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires.

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BILAN

CONSEIL

En 2010, l'activité des formations consultatives est restée soutenue, avec néanmoins une légère baisse du nombre de textes examinés par rapport à 2009. Le Conseil d'état a ainsi traité moitié moins d'ordonnances que l'an passé. Avec 98 % des projets de loi examinés en moins de deux mois, le Conseil d'état a amélioré ses délais d'examen. L'année 2010 aura enfin été marquée par le nombre important de textes en provenance du ministère de l'Intérieur.

128

projets de loi

26

ordonnances

2

propositions de loi

810

décrets dont 210 individuels

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Ordre public immatériel
et garantie des libertés
publiques

Le Conseil d'État a toujours veillé à ce que les restrictions aux libertés publiques soient strictement justifiées par les nécessités de la préservation de l'ordre public entendu essentiellement au sens matériel du terme (sécurité, tranquillité et salubrité publique)...

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Le droit en évolution

En images

Urbanisation dérogation pour les éoliennes en montagne

Éducation nationale fichiers « base élèves 1er degré » et « bnie »

TNT La concentration en question

Production d'électricité obligations de service public

Grève réquisition de dépôts pétroliers

Téléphonie mobile
4e licence

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Les grands angles

Question prioritaire de constitutionnalité : un nouveau droit pour les justiciables

Avec la QPC, les justiciables peuvent, depuis 2010, questionner la conformité d'une disposition législative au regard de la Constitution. Le Conseil d'État s'engage pour la bonne application de ce nouveau droit.

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Droit d'asile : précisions sur les limites du droit à la protection

En tant que juge de cassation des jugements rendus par la CNDA, le Conseil d'Etat est amené à prendre position sur l'interprétation des règles de la convention de Genève.

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Vie privée et fichiers

Mis en œuvre par les autorités publiques pour les besoins de l'action administrative, ou par des personnes privées, notamment dans un but commercial, les fichiers de données personnelles doivent respecter un cadre juridique commun, sous le contrôle du juge administratif.

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La multiplication des contentieux sportifs

Le juge administratif est de plus en plus souvent saisi de contentieux liés au monde du sport.

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Concilier urbanisme et protection de l'environnement

Le droit de l'urbanisme doit concilier aménagement du territoire, aspiration des particuliers et des entreprises à construire et respect de l'environnement. Le juge administratif, qui contribue à bâtir ce droit, est au cœur de cette délicate conciliation.

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Handicap : rendre les palais de justice accessibles à tous

Suite à la plainte d'une avocate atteinte d'un handicap, le Conseil d'État a dû statuer sur l'obligation, pour l'État, d'aménager les palais de justice afin de les rendre accessibles à tous.

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BILAN

Tribunaux
administratifs

Avec 175 377 affaires enregistrées et 187 048 jugées, les tribunaux administratifs ont réussi à réduire encore le volume d'affaires en stock en 2010 (173 246 dossiers contre 184 623 en 2009). Le délai prévisionnel moyen, passé sous la barre d'un an en 2009, diminue de 21 jours en 2010.

Le délai moyen constaté pour les affaires ordinaires s'entend hors contentieux de référé ou dont le traitement est enserré par la loi dans des délais particuliers, d'une part ; et hors affaires réglées par ordonnance, d'autre part. Il est sans doute le plus représentatif du « temps de la justice » ressenti par les requérants.

27 500

affaires enregistrées, soit une croissance de 27% en 2 ans.

23 934

affaires jugées, soit une croissance de 19% en 1 an.

277

personnes participent à l'activité juridictionnelle de la Cour : 95 rapporteurs, 44 secrétaires d'audience, 10 magistrats permanents, 70 présidents vacataires et 58 assesseurs.

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289
QPC ont été soumises au Conseil d'état depuis l'entrée en vigueur de ce droit, le 1er mars 2010.

Question prioritaire
de constitutionnalité :
dix mois après
Entre le 1er mars et le 31 décembre 2010, en données nettes, 890 QPC ont été soulevées devant le juge administratif...

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Paris et jeux en ligne une ouverture encadrée

Le Conseil d'État a examiné le projet relatif à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d'argent et de hasard en ligne, qui devait devenir la loi du 12 mai 2010. En outre, il a examiné les projets de décret d'application, s'efforçant de concilier le développement des jeux sur Internet et la protection de la santé, de l'ordre et de la sécurité publics. Cet examen a été effectué dans de très brefs délais pour permettre l'installation de l'Autorité de régulation des jeux en ligne, compétente pour délivrer les agréments – dont les premiers ont été délivrés l'avantveille de l'ouverture de la Coupe du monde de football – et pour sanctionner le cas échéant les opérateurs. Sont désormais ouverts en ligne les paris sportifs, les paris hippiques et certains jeux de cercle, comme le poker. Alors que plusieurs millions de Français jouent sur Internet, le Conseil d'État s'est attaché à sécuriser le dispositif retenu : réel contrôle des opérateurs, respect des interdictions de jeu, limitation des paris à un seul critère donné pour un événement déterminé, prévention du blanchiment de capitaux, sanctions dissuasives prononcées par une commission présidée par un conseiller d'État. Cette ouverture raisonnée s'est faite dans le respect du principe du débat contradictoire et du droit de l'Union européenne.

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élections profess ionnelles recours au vote électronique par internet

Le Conseil d'État a précisé les conditions du recours au vote électronique pour les élections professionnelles. Il a rappelé que le vote électronique était susceptible de constituer une modalité de vote au même titre que le vote à l'urne ou par correspondance. Cependant, ses spécificités et les conditions de son utilisation impliquent de prévoir des garanties pour le respect des principes généraux du droit électoral – complète information et libre choix de l'électeur, égalité entre les candidats, secret du vote, sincérité du scrutin et contrôle du juge – à un niveau équivalent à celui des autres modalités de vote. Le Conseil d'État a indiqué que cette équivalence s'appréciait selon la nature et les caractéristiques propres à chaque type d'élection et en fonction des avantages du vote électronique en termes d'accessibilité, de simplicité, de sûreté et de rapidité dans la comptabilisation et la centralisation des résultats. Il a également admis que, dans certains cas, le recours au vote électronique par Internet soit la seule solution proposée, dès lors que toutes les précautions ont été prises pour ne pas écarter du scrutin une personne non équipée à son domicile, résidant dans une zone non couverte par Internet ou encore ne sachant ou ne pouvant se servir de ce mode de communication sans assistance.

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Paris et jeux en ligne une ouverture encadrée

Le Conseil d'État a examiné le projet relatif à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d'argent et de hasard en ligne, qui devait devenir la loi du 12 mai 2010. En outre, il a examiné les projets de décret d'application, s'efforçant de concilier le développement des jeux sur Internet et la protection de la santé, de l'ordre et de la sécurité publics. Cet examen a été effectué dans de très brefs délais pour permettre l'installation de l'Autorité de régulation des jeux en ligne, compétente pour délivrer les agréments – dont les premiers ont été délivrés l'avantveille de l'ouverture de la Coupe du monde de football – et pour sanctionner le cas échéant les opérateurs. Sont désormais ouverts en ligne les paris sportifs, les paris hippiques et certains jeux de cercle, comme le poker. Alors que plusieurs millions de Français jouent sur Internet, le Conseil d'État s'est attaché à sécuriser le dispositif retenu : réel contrôle des opérateurs, respect des interdictions de jeu, limitation des paris à un seul critère donné pour un événement déterminé, prévention du blanchiment de capitaux, sanctions dissuasives prononcées par une commission présidée par un conseiller d'État. Cette ouverture raisonnée s'est faite dans le respect du principe du débat contradictoire et du droit de l'Union européenne.

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Service public pénitentiaire mise en place d'un code de déontologie

Le Conseil d'État a été saisi du projet de décret instituant un code de déontologie de l'administration pénitentiaire. Il a d'abord estimé que ce projet de code devait être soumis au comité technique paritaire ministériel du ministère de la Justice, car il comportait de nouvelles dispositions ou précisait la réglementation en vigueur. C'est par exemple le cas de l'obligation de serment, dorénavant imposée au personnel pénitentiaire, ou des conditions dans lesquelles les agents peuvent refuser d'exécuter un ordre. Le Conseil d'État a ensuite considéré que ce code devait s'appliquer à tous les personnels appelés à intervenir dans le service public pénitentiaire : visiteurs de prison, aumôniers, enseignants ou personnels médicaux et paramédicaux. De plus, le Conseil d'État s'est efforcé de faire en sorte que les règles soient suffisamment précises pour avoir l'effet attendu d'un code sur les comportements. Il a ainsi précisé les obligations en matière de respect des personnes confiées à l'administration pénitentiaire et des membres de leur famille, en mentionnant expressément l'interdiction de toute forme de violence ou d'intimidation ou de tout recours à un langage injurieux ou familier. Le code de déontologie de l'administration pénitentiaire a été publié le 31 décembre 2010.

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« décristallisation » des pensions la coïncidence de la légalité et de l'équité

Dans le cadre du budget pour 2011, un projet d'article a été examiné ayant pour objet d'assurer l'identité des régimes des pensions civiles et militaires des anciens combattants qui ont servi sous l'uniforme français, quelles que soient leur nationalité, française ou étrangère, ou leur résidence. Se félicitant du règlement final de cette question, conforme à sa propre jurisprudence et à celle du Conseil constitutionnel, le Conseil d'État a entendu conférer la portée la plus large à cette mesure en prévoyant une information effective de l'ensemble des intéressés et en instituant les modalités les plus favorables d'application dans le temps des nouvelles dispositions.

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bioéthique réexamen de la loi

Après la remise de son rapport sur la « Révision des lois de bioéthique » au Gouvernement en 2009, le Conseil d'État a examiné le nouveau projet de loi relatif à la bioéthique. Il ouvre notamment l'accès sous condition à l'identité des donneurs de gamètes en permettant aux enfants majeurs issus d'une assistance médicale à la procréation avec tiers donneur d'accéder à des données relatives au donneur ne permettant pas de l'identifier, voire à son identité sous réserve de son consentement. Il prévoit également l'information de la parentèle en cas d'anomalie génétique grave, lorsque des mesures de prévention et de soins peuvent être proposées. Le projet ouvre le don croisé d'organes en cas d'incompatibilité entre la personne prête à faire le don et le proche parent dans l'intérêt duquel le prélèvement peut être fait, pour accroître le nombre de ces greffes. Par ailleurs, il autorise et encadre le prélèvement de cellules du sang de cordon ou du sang du placenta mais maintient l'interdiction – avec des dérogations – de la recherche sur les embryons. Enfin, le projet met en place un nouvel encadrement des procédés d'assistance médicale à la procréation afin de sécuriser ces pratiques aussi bien à l'égard des enfants à venir que de la responsabilité des médecins qui pratiquent cette assistance.

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Urbanisation dérogation pour les éoliennes en montagne

En zone de montagne, l'urbanisation doit en principe se réaliser en continuité avec les bourgs, villages, hameaux, groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existants. Il existe des dérogations à ce principe, liées notamment à l'implantation d'installations ou d'équipements publics incompatibles avec le voisinage des zones habitées (III de l'article L. 145-3 du code de l'urbanisme). Le Conseil d'État interprète ces dispositions « anti-mitage » de manière stricte, en jugeant qu'elles interdisent toute construction isolée dans l'espace montagnard, comme l'édification d'une éolienne, sauf dérogation prévue par la loi. Mais, en l'espèce, une société avait sollicité la délivrance de deux permis afin de construire huit éoliennes sur le territoire de deux communes, en dehors des zones déjà urbanisées. Eu égard à son importance et à sa destination, le Conseil d'État juge que ce parc éolien constitue un équipement public incompatible avec le voisinage des zones habitées, et peut donc être édifié en dehors des zones déjà urbanisées, à titre dérogatoire. Il rejette donc la demande d'annulation de ces permis.

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TNT La concentration en question

La société Métropole Télévision (M6) demandait au Conseil d'État d'annuler l'autorisation de l'Autorité de la concurrence et l'agrément du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) du rachat par TF1 de l'intégralité du capital du groupe AB. Cette opération permettait à TF1 de contrôler 80 % du capital social de la société Télé Monte-Carlo (TMC) et 100 % de la société NT1, qui éditent les chaînes du même nom sur la TNT. Le Conseil d'État a rejeté ces demandes. S'agissant de la contestation de l'autorisation, il a jugé, comme l'a estimé l'Autorité de la concurrence, que les effets concurrentiels de l'opération n'étaient pas d'une importance telle que l'interdiction était la seule mesure proportionnée possible et que les engagements pris, dont la pertinence et l'efficacité sont appréciées globalement, sont de nature à prévenir les effets anticoncurrentiels de l'opération. Par ailleurs, se fondant sur une approche globale des divers engagements souscrits par TF1, il juge que les modifications impliquées par le rachat ne sont pas d'une ampleur ou d'une nature telles que le CSA devait refuser l'agrément et retirer l'autorisation délivrée aux chaînes TMC et NT1.

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grève réquisition de dépôts pétroliers

La Fédération nationale des industries chimiques-CGT et des salariés du site pétrolier de Gargenville ont saisi le juge des référés du tribunal administratif, dans le cadre de la procédure dite de « référéliberté », pour suspendre l'exécution d'un arrêté du préfet des Yvelines. Pour faire face aux conséquences des mouvements de grève au sein des raffineries et dépôts pétroliers du pays, cet arrêté réquisitionnait une partie des personnels grévistes afin d'assurer l'approvisionnement de l'aéroport Charlesde- Gaulle et des livraisons minimales dans les stations-service du département. Suite au rejet de leur demande, les requérants ont saisi le juge des référés du Conseil d'État, qui a rejeté leur appel et refusé de suspendre la mesure de réquisition. Le juge a en effet rappelé que le préfet peut légalement prendre une mesure de réquisition lorsque les perturbations résultant de la grève créent une menace pour l'ordre public. En l'espèce, l'épuisement des stocks de carburant aérien de l'aéroport Charlesde- Gaulle aurait conduit au blocage des passagers, et la pénurie croissante d'essence et de gazole en Île-de-France menaçait le ravitaillement des véhicules de services publics et de services de première nécessité.

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éducation nationale fichiers « base élèves 1er degré » et « bnie »

Le Conseil d'État a été saisi d'une demande d'annulation de décisions procédant à la création de deux bases de données utilisées par les services du ministère de l'Éducation nationale et permettant le suivi administratif et pédagogique des élèves des écoles maternelles et primaires : « Base élèves 1er degré » et « Base nationale des identifiants des élèves » (BNIE). La légalité de ces décisions, relatives à des traitements de données à caractère personnel, était critiquée au regard de la loi dite « informatique et libertés » du 6 janvier 1978. Le Conseil d'État a annulé sur plusieurs points ces traitements de données mais il a pris en compte l'importance du traitement mis en oeuvre pour le bon fonctionnement du service public de l'enseignement. Il a demandé à l'Éducation nationale de procéder à des régularisations. Il a en outre relevé que, à la date de sa décision, l'ensemble des données des fichiers pouvait régulièrement être enregistré et traité, à l'exception des données relatives à la santé des élèves, qui devaient être supprimées du fichier « Base élèves 1er degré » et sous réserve que soit fixée une nouvelle durée pour la conservation des données du fichier « BNIE ».

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production d'électricité obligations de service public

Le Conseil d'État reconnaît l'existence d'obligations de service public s'imposant à certains producteurs d'électricité. Il déduit l'existence de telles obligations de l'exigence de sécurité de l'approvisionnement en électricité sur l'ensemble du territoire national posée par la loi, ainsi que des contraintes auxquelles celle-ci soumet les ouvrages de production d'électricité dont le fonctionnement est indispensable à l'équilibre entre la production et la consommation. En l'état actuel des techniques, le Conseil d'État juge ainsi que les ouvrages de production d'électricité interconnectés au réseau métropolitain et dont la puissance est supérieure à 40 mégawatts doivent être regardés comme affectés au service public de l'électricité. Il s'agit par conséquent d'ouvrages publics, auxquels s'applique un régime spécifique de responsabilité du propriétaire en cas de dommages causés à des tiers, par exemple des riverains, alors même que ce propriétaire est une société de droit privé comme Électricité de France.

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Téléphonie mobile 4e licence

Afin d'accroître la concurrence dans le secteur de la téléphonie mobile, une quatrième licence de téléphonie mobile a été attribuée à la société Free Mobile, portant uniquement sur des services répondant à la norme UMTS (Universal Mobile Telecommunications System), dite « de troisième génération » (3G). Cette procédure avait été contestée devant le Conseil d'état, qui a rejeté toutes les demandes. Au regard de l'intérêt général, qui s'attache à l'existence d'un marché concurrentiel, il considère qu'il était justifié de rechercher des solutions alternatives susceptibles de permettre à un nouvel opérateur d'entrer et de s'installer durablement sur ce marché. Celles décidées par l'autorité de régulation allaient dans ce sens : diminution du montant de la redevance par rapport à ce qu'avaient payé les précédents opérateurs ; étalement de son paiement ; division en plusieurs lots de la bande de fréquences restant à attribuer. Le Conseil d'état juge que les différentes méthodes employées pour fixer le montant de la redevance, pour perfectibles qu'elles soient, ont un caractère usuel et non dénué de validité ou de pertinence et ont ainsi permis de déterminer la fourchette de valeurs la plus plausible. Enfin, la fixation du montant de la part fixe de la redevance à 240 millions d'euros n'apparaît pas manifestement sousévaluée et ne porte pas atteinte aux principes de la concurrence. Enfin, le choix de la société Free Mobile, seul candidat en lice, est jugé régulier en la forme et justifié au fond.

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